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Product Air nous emmène au chevet du viaduc de Roquemaure

Product Air nous emmène au chevet du viaduc de Roquemaure

source : Le Moniteur

Dans le Gard, plongeurs et cordistes se relaient pour réparer un pont qui enjambe le Rhône.

Depuis le mois de juillet, un étonnant spectacle se joue sur le Rhône, juste au-dessous du viaduc de Roquemaure (Gard), sur lequel passe l’autoroute A 9. Grutiers, scaphandriers et cordistes se relaient jour et nuit pour assurer les travaux de rénovation de cet ouvrage long de 350 m, qui doivent s’achever en novembre. A cause des crues répétées et des forts Un équipage au chevet du viaduc de Roquemaurecourants du fleuve, les fondations du pont, situées à plusieurs dizaines de mètres sous l’eau, ont en effet été fragilisées. « Nous avons observé une érosion du sol au pied des cinq piles, ainsi que des phénomènes de corrosion sous trois d’entre elles. D’où la décision d’entreprendre des travaux pour protéger l’acier des pieux de fondation et consolider le lit du fleuve », détaille Meriem Anka Idrissi, chef de projet chez Vinci Autoroutes.

Seize mois de préparation auront été nécessaires, dont douze pour les études et quatre pour l’installation du chantier. Une véritable plate-forme de travaux a pris place sur l’eau. La base vie est implantée sur un ponton principal où se trouvent des bureaux, un atelier de réalisation et de test des mortiers, ainsi qu’une pelle de chantier. Un second ponton de travail a été équipé d’une pelle, et deux autres sont utilisés pour le stockage du matériau.

S’y ajoutent deux barges à clapets pour l’approvisionnement et deux pousseurs pour manipuler les pontons et les barges, qui ne sont pas autopropulsés. Le Rhône restant circulé pendant les travaux, la signalisation maritime a été modifiée. Sur place, une vigie assure la communication avec les bateaux.

Ballet de scaphandriers.

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Ce dispositif conséquent permet de préparer la majeure partie des activités qui se déroulent sous l’eau. En effet, chaque jour, les équipes de scaphandriers se succèdent pour intervenir à plusieurs dizaines de mètres de profondeur. La réparation des ouvrages se déroule en plusieurs étapes. D’abord, les pieux sont nettoyés à l’aide d’une lance à jet d’eau pressurisé avec récupération des matériaux en profondeur en vue de leur élimination ultérieure. Puis un coffrage en acier de 2,5 m de diamètre est descendu et assemblé par le plongeur, qui le pose sur la partie traitée. L’ouvrier injecte ensuite un mortier à prise rapide à l’intérieur du coffrage.

« Il faut compter deux heures pour la pose. Le plus compliqué reste la gestion de l’étanchéité du dispositif. Pour obtenir des équipements et matériaux sur mesure, nous avons travaillé sur les coffrages comme sur les formulations des mortiers. Nous avons tenu compte des contraintes de courant et testé l’ensemble sur un prototype en laboratoire », témoigne Samuel Demolliens, directeur travaux chez Vinci Construction Maritime et Fluvial. Une fois l’intervention des plongeurs terminée, il reste à protéger les piles avec une véritable « carapace » de pierre. Pour ce faire, une pelle mécanique dépose des blocs calcaires de 1 à 3 tonnes au fond de l’eau. Le pelliste doit respecter un plan de pose fourni pendant la phase d’études. Cette seule opération nécessite la mobilisation de 10 000 tonnes de pierres, acheminées par barge depuis le port de l’Ardoise situé à environ 7 km du chantier.

Plongeurs – Une descente chronométrée

Seize plongeurs au total travaillent sur la partie immergée du chantier du viaduc. Chaque pile ayant quatre fondations, ils se relaient par équipes de quatre pour intervenir sur ces éléments. Tous sont équipés d’un scaphandre, ce qui leur permet d’être reliés à la surface par un narguilé. Cet enchevêtrement de tubes assure l’acheminement de l’air, ainsi que les télécommunications. Une fois sous l’eau, les ouvriers travaillent pendant une période de deux heures sans interruption. Ils sont filmés tout au long de leur intervention pour des raisons de sécurité. En cas de forts courants, la durée de l’activité sous-marine peut être divisée par deux.

Product Air

Mme Faucher Estelle

source : Le Moniteur