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«Les drones sont de vrais ordinateurs volants»

De l’informatique à l’épandage viticole par drone, il n’y a qu’un pas que la firme sierroise, partenaire du géant DJI, a sauté en vue de préserver le terroir.

Sophie Marenne

Sébastien Micheloud, directeur. L’entreprise compte huit machines en stock dans son siège de Sierre et son atelier opérationnel en Lavaux. Six tournent tous les jours.

Lorsqu’il débarque près d’une parcelle, un équipage Agri.Aero de l’entreprise DigitalRoots déploie un brasseur phytosanitaire pour préparer le fongicide, une génératrice pour charger les batteries et un drone. Avec ses six rotors alignés, l’imposant robot oblong de 2,5 mètres d’envergure peut embarquer 20 litres de produit.

«Notre atout principal est de travailler en 3D. En amont, nous faisons un mapping du terrain d’une précision de l’ordre de trois centimètres avec un premier drone. Sur la parcelle reconstituée, nous générons des lignes de vol grâce à un système de géolocalisation que le drone pulvérisateur suit de façon automne», explique Sébastien Micheloud, directeur. Issu du domaine de l’informatique où il a exercé durant 26 ans, le patron parle des drones comme d’ordinateurs volants. Après avoir travaillé pour des compagnies du secteur comme Dimension Data ou IBM, il a créé la sienne avant de la revendre en 2016 pour se concentrer sur DigitalRoots.

Fondée cette même année, la start-up de Sierre a d’abord axé ses activités sur la photogrammétrie, soit la reconstitution en 3D du relief. «Nous utilisions des drones dans cette optique. Des amis vignerons m’ont alors demandé nous faisions aussi de l’épandage», raconte ce passionné de technologies.

En 2018, Sébastien Micheloud s’équipe d’une première machine DJI. «Elle était extrêmement bien adaptée pour strier le riz, mais pas la vigne.» DigitalRoots avait alors «sprayé» six hectares, avec de bons résultats. La start-up a ensuite tissé un partenariat de R&D avec le géant chinois. «Une délégation est venue ici pour constater l’immense potentiel hors des rizières asiatiques. Ensemble, nous avons fait évoluer les fonctionnalités des appareils.» En 2019, la jeune pousse a pulvérisé sur 40 hectares. En 2020, elle atteindra les 120 hectares, soit environ 2000 parcelles, situées en Valais principalement mais aussi en Lavaux, à Genève et à Neuchâtel. «En sachant que chaque hectare nécessite en réalité sept à dix passages sur la saison», précise-t-il. L’entreprise compte aujourd’hui une dizaine de collaborateurs, renforcée de la mi-avril à la mi-août lors de la période d’épandage.

Partenaire de DJI Agriculture, DigitalRoots est importateur, distributeur, formateur et réparateur de ces drones venus directement de Chine. Outre son service de pulvérisation Agri.Aero, la société vend ces engins directement aux encaveurs et vignerons professionnels. «En plus de la machine, nous les formons au pilotage, à l’épandage et au savoir-faire.» La start-up leur donne accès à son outil en ligne, AgriVision, qui permet la gestion numérique des plans de traitement des parcelles ainsi que la traçabilité complète des produits aspergés.

D’après www.agefi.com.