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Les agents de l’ONF équipés de drones pour surveiller la forêt de Fontainebleau

L’Office national des forêts s’est doté de drones qui vont permettre d’aider les pompiers dans la lutte contre les incendies dans le massif. Mais aussi de repérer les comportements dangereux.

Dans la lutte contre les incendies de forêt, l’Office national des forêts (ONF) dispose d’une nouvelle arme. « Depuis le printemps dernier, six forestiers ont été formés au maniement de deux drones et des tests ont été effectués », explique Julien Simon, responsable du service bois sur la forêt de Fontainebleau.

Sur ce vaste massif de 25 000 ha, fréquenté par 11 millions de visiteurs par an, la peur de l’incendie demeure une préoccupation constante, d’autant plus avec le réchauffement climatique.

« En moyenne, nous avons 30 départs de feu par an. Cela représente heureusement une surface faible, précise François Faucon, technicien forestier territorial et pilote de drone. Dans la grande majorité des cas, l’homme est à l’origine du sinistre, notamment avec les bivouacs. » « Cet été, nous avons cumulé la canicule et la sécheresse. Et il n’y a eu que 25 incendies, c’est un petit miracle », constate Julien Simon.

Equipés d’une caméra thermique

Les six pilotes ont pu tester leur machine volante dans différentes situations. Ces drones de 6 kg embarquent deux caméras, dont une thermique, et peuvent voler jusqu’à 30 minutes. En cas de problème, deux parachutes s’enclenchent et se chargent de limiter la casse.

« En cas d’incendie, la priorité est de gagner de temps. Le drone est redoutablement efficace, explique le capitaine Pierre Cluzel, référant moyen aérien du Sdis 77, qui possède ses propres machines, et de la zone de défense de Paris. Souvent, des avions à l’approche de Paris signalent des colonnes de fumée dans la forêt sans d’autre précision. On déploie un drone qui effectue un premier repérage. Il faut en faire décoller un second pour avoir une 2e vue et pouvoir trianguler la position du feu. Là, on va gagner du temps. L’autre utilisation concerne la tourbe après un incendie. »

En effet, une fois le gros de l’incendie éteint, le feu peut couver sous le sol et reprendre le lendemain, voire plusieurs jours après. « Cet été, dans la forêt des Trois Pignons, les pompiers pensaient avoir fini. Avec le drone, on a retrouvé des dizaines de points qu’ils ont pu éteindre presque en direct », se souvient Tanguy Nivault, techniciens à l’ONF et pilote de drone. Une fois le sinistre terminé, ils peuvent aussi très vite délimiter et comptabiliser la surface touchée.

Utiles pour détecter les bivouacs

L’autre utilisation concerne la détection des bivouacs et des feux. « Nous pouvons apercevoir un foyer jusqu’à 350 mètres alors qu’au sol, entre les rochers et les dénivelés, on pouvait passer à 20 mètres d’un feu et ne rien entendre ou sentir, se réjouit François Faucon. La caméra thermique peut distinguer un simple brûleur de camping gaz. » Une alarme retentit alors pour faciliter le repérage sur l’écran de pilotage.

Lors des tournées de l’été, le personnel s’évitera jusqu’à trois quarts d’heure de marche pour rejoindre certains points. « Certains campeurs savent que c’est interdit et se mettent à l’écart des sites les plus prisés. Avec le drone, j’ai repéré en quelques minutes deux hommes autour d’un bivouac dans un endroit où nous n’allons jamais », constate François Faucon. Une équipe s’est ensuite rendue à leur rencontre pour les verbaliser.

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