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L’efficacité du lâcher par drone de moustiques mâles stériles mise en évidence

Après seulement trois lâchers par drone de moustiques mâles stériles, un pic de 50 % d’œufs stériles est remarqué dans les deux semaines suivantes, sur les territoires expérimentés. L’étude inédite qui publie ces analyses dans Science Robotics revient sur les lâchers qui ont eu lieu au Brésil en mars 2018. Les résultats laissent entrevoir de belles avancées dans la lutte contre les maladies transmises par ces insectes.

Il s’agit de la première publication scientifique sur les lâchers par drone d’insectes stériles, mais également de la première analyse de terrain sur la compétitivité sexuelle de moustiques mâles stériles. Il aura fallu deux ans aux chercheurs pour conclure sur l’expérimentation menée au Brésil en 2018, et les résultats sont très encourageants. De nouveaux lâchers aériens sont prévus cette année au Brésil.

Une compétitivité sexuelle élevée pour les moustiques mâles stériles lâchés par drone

Quelques centaines de milliers de moustiques mâles de l’espèce Aedes aegypti , vectrice de maladies comme la dengue, avaient été lâchés dans la nature après stérilisation. L’objectif était qu’ils fassent office de compétiteurs sexuels aux mâles sauvages fertiles, et ainsi faire baisser la population de ces insectes nuisibles.

Or, ces insectes mâles stériles voient souvent leur qualité diminuer, lors de l’élevage ou du lâcher, et aucune étude n’avait jusqu’alors été capable d’évaluer leur compétitivité sexuelle face aux mâles sauvages. Ces analyses des données de terrain des lâchers du Brésil représentent donc une immense avancée : avec un pic de 50 % d’œufs stériles obtenus pour seulement trois lâchers, les chercheurs en concluent que les mâles stériles ont une compétitivité sexuelle très élevée, d’environ un tiers de celle des mâles sauvages.

Des lâchers aériens 20 fois moins coûteux que des lâchers terrestres

Les lâchers par drone permettent de traiter une large surface, de manière plus homogène et plus rapidement que les lâchers terrestres. Surtout, ils offrent un gain de temps considérable, et ont été évalué jusqu’à 20 fois moins chers dans une étude récente en Chine publiée dans Nature .

Et les progrès technologiques de ces dernières années ont encore amélioré l’efficacité de ces traitements. Le drone utilisé en 2018 pesait environ 12 kg. De nouveaux essais sont prévus cette année au Brésil, avec des appareils 10 fois plus légers. Ces nouveaux gabarits, plus petits, permettent de traiter sans danger les zones urbaines.

L’objectif final de ces travaux de recherche est d’être capable de faire baisser les populations de moustiques Aedes en dessous du seuil de transmission des maladies. Grâce à cette étude, une étape de plus vers le contrôle de maladies à virus Zika, de la dengue, ou encore du chikungunya, vient d’être franchie.

 

D’après www.cirad.fr.