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Le drone vole au secours des agriculteurs

La pyrale cause des dégâts considérables dans les champs de maïs. Depuis les années 70, certains agriculteurs utilisent des trichogrammes pour réguler la ponte de ces insectes. Une technique qui séduit les exploitants agricoles depuis l’arrivée du drone.

La nature est parfois plus efficace que les procédés chimiques. C’est ce que prouve Agri Agen avec un procédé qu’ils utilisent depuis quatre ans. Les exploitations de maïs sont exigeantes, ce qui explique d’ailleurs le fait qu’elles sont de moins en moins nombreuses. Une des problématiques des exploitants de maïs est la pyrale. Ce petit papillon pond ses œufs sur les feuilles dans les champs. Les larves se développent et se nourrissent notamment des tiges et du grain. Ces petites bêtes sont d’autant plus nombreuses qu’il y a deux générations entre mi-mai et mi-août. Les dégâts causés par la pyrale engendrent donc une perte de qualité et de rendement pour l’agriculteur.

Depuis les années 70, les trichogrammes sont utilisés pour réguler la prolifération des pyrales. Ces micro-hyménoptères chalcidiens pondent dans les œufs des pyrales. «En quelque temps, une larve éclôt et consomme le contenu de l’œuf de la pyrale. Un cocon se forme, se transforme en nymphe et un adulte émerge et part à la recherche d’autres œufs de pyrale» explique Denis Maurel, conseiller agronomique, préconisateur et responsable technique d’Agri Agen. Cette technique de régulation offre des avantages que les procédés chimiques n’ont pas. Les trichogrammes ne représentent aucun risque pour l’utilisateur et respectent l’environnement ainsi que la faune auxiliaire.

Le trichodrone, une technique qui change tout

Jusqu’à maintenant, peu d’exploitants agricoles étaient séduits par cette technique. Il fallait répartir les trichogrammes manuellement ou bien utiliser un hélicoptère qui larguait des billes remplies de ces petits insectes dans les champs. La démocratisation du drone a tout changé. Cet appareil permet de répartir cent billes par hectare. Une bille contenant quelques centaines de trichogrammes, cela représente des milliers de prédateurs de pyrales. En plus d’une très grande précision, le drone propose une réduction de la charge de travail pour l’agriculteur et pratiquement aucune nuisance pour l’agriculteur. Alain Malgouyres, agriculteur à Saint-Caprais-de-Lerm, voit de nombreux avantages à ce procédé : «Je suis père de famille, donc la lutte biologique m’intéresse et elle est aussi efficace que la lutte chimique. Je ne touche et n’utilise aucun produit, et l’opération se fait en temps réel car on traite par rapport à des vols de pyrales. C’est la société Agri Agen qui me facture les prestations et c’est Agenium, l’entreprise de drones, qui intervient le jour J». Olivier Marraud des Grottes, directeur général d’Agenium, précise que «c’est la seule société de drones en France à avoir traité 6 000 hectares de cette manière». Pour ce service, les agriculteurs déboursent 29 € d’utilisation de drone et 30 € d’achat de billes de trichogrammes. En Allemagne, ce procédé est subventionné, ce n’est pas le cas en France.