Annuaire Pro Drone

Rechercher un Pro

A Monaco, des contrôleurs aériens pour les drones

Le 17 juin, Monaco inaugurera la première organisation spécifique de l’espace aérien destinée aux drones. Certes, la principauté n’occupe que 2 km² de superficie et le trafic des aéronefs sans pilote, quoique en forte progression, n’y est pas trop envahissant (peu de particuliers sont amateurs de drone et les demandes des professionnels ne dépassent pas 500 par an). Ce système, baptisé FlySafe et conçu par Air Space Drone (ASP), une PME installée à Gardanne (Bouches-du-Rhône), jette les bases d’un « contrôle en temps réel des engins volants autonomes ». Le premier, assurent ses concepteurs, qui ait été acquis par un Etat.

Dans le jargon aéronautique, on parle d’ UTM (Unmanned aircraft trafic management) et ce sigle semble promis à un bel avenir : sans régulation du trafic aérien à basse altitude (en dessous de 150 mètres), pas d’expansion possible des activités liées aux drones. Système collaboratif, FlySafe repose sur l’adhésion obligatoire des télépilotes à son mécanisme de régulation. Cela impose l’acquisition (compter une soixantaine d’euros) d’un transpondeur pesant 70 grammes afin d’identifier le drone et son propriétaire. FlySafe se charge des demandes d’agrément et délivre les autorisations de vol. Sur leur écran, les fonctionnaires de la principauté peuvent visualiser tous les vols en temps réel et ont accès aux historiques de trajectoires, pour vérifier si le plan de vol a été respecté. Si un appareil s’approche des zones interdites (l’héliport, le palais princier) ou que la distance entre deux appareils sans pilote est inférieure à 100 mètres, le contrôle aérien monégasque pourra par SMS donner des instructions directement au télépilote.

A terme, un système autogéré

FlySafe, qui est un outil d’identification, pas de détection – il ne peut pas (encore) repérer un paparazzi volant sans pilote – devrait abandonner son côté artisanal et devenir, progressivement, bien plus sophistiqué. « Les messages adressés par smartphone, c’est un peu trivial, en effet » admet Alain Bascoulergue, cofondateur d’ASD. De futures « briques technologiques » devraient permettre de créer dans les prochaines années une fonction de détection (voire de « neutralisation ») d’un drone inamical. A une échéance un peu plus lointaine, il devrait être possible, grâce aux progrès de l’intelligence artificielle, de communiquer directement avec l’appareil en lui imposant de rester un temps en vol stationnaire ou de réaliser une manœuvre d’évitement. A terme, le système devra s’auto-gérer, sans intervention humaine, et inclure les hélicoptères et les avions…